Vous êtes-vous déjà baigné dans le Rhône? Moi, non. Je trouve ça trop dégoûtant.
Après les géologues italiens qu'on condamne pour ne pas avoir prévu un tremblement de terre (voir les commentaires de toute urgence à ce sujet !), la justice française va devoir se prononcer sur la responsabilité d'une psychiatre qui a autorisé un schizophrène à sortir de son hôpital. Ce dernier y avait été interné après une tentative de meurtre qu'il a finalement concrétisée après sa sortie de l'hôpital.
La psychiatre se défend en faisant remarquer qu'elle a reçu l'homme seule, et que s'il avait montré le moindre signe d'instabilité à ce moment-là, elle aurait demandé à être assistée. Ses confrères ajoutent que les psychiatres ne sont pas devins.
On peut comprendre la volonté de la famille de la victime de comprendre comment un homme qui a tenté de tuer peut être remis en liberté et tuer. Il ne me paraît pas idiot de faire une enquête pour vérifier s'il n'y a pas eu une négligence flagrante, mais de là à qualifier la mise en examen d'homicide involontaire… je ne sais pas…
Quoi qu'il en soit, ce qui me choque le plus, c'est le journaliste d'Europe 1 qui cite le fils de la victime : "Vous savez un non-lieu, c'est quoi ? C'est qu'il ne s'est rien passé. Non. Parce que moi j'ai vu mon père dans une marre de sang le 9 mars 2004 et c'est gravé dans ma tête et ça, je ne l'oublierais jamais". Il est traumatisé et c'est normal. Qu'il divague ou qu'il soit mal informé, cela peut se comprendre (encore que… son avocat aurait du lui expliquer). En revanche, que le journaliste cite cela sans ensuite apporter de correction est tout simplement honteux et irresponsable ! Un non-lieu ne signifie pas qu'il ne s'est rien passé. Cela signifie qu'il est insensé de continuer la procédure. Les raisons d'un non-lieu peuvent être, par exemple, l'absence de preuves, la mort de l'accusé ou bien, comme c'est le cas ici, l'irresponsabilité pénale de l'accusé qui est psychotique.
Outre le mauvais goût de citer les paroles déchirantes d'un fils qui a perdu son père (c'est de l'info, que diable, pas du cinéma !), ce journaliste démontre sa totale incompétence à informer le public en omettant de (ou pis, en ignorant qu'il fallait) corriger certaines assertions.