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Vous êtes-vous déjà baigné dans le Rhône? Moi, non. Je trouve ça trop dégoûtant.

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Bêêêêêêêêêêêêêh

Finissons-en avec le néolithique. Tout d'abord, il serait grand temps que je cite mes sources. En l'occurrence Naissance des divinités, naissance de l'agriculture, Jacques Cauvin, CNRS éditions, et wikipedia pour d'éventuels compléments.

 

Nous nous étions arrêtés à l'agriculture. L'élevage a suivi relativement vite, ce qui semble tout naturel. Comme d'habitude, on a commencé par penser que l'élevage palliait la fuite des espèces suite à un changement climatique, par exemple. Vous vous y attendez : niet !

 

A priori, l'élevage s'est développé en même temps qu'une certaine virilisation de l'art (des statues de mecs avec un gros chibre, quoi). C'est aussi à cette période qu'on rencontre un nombre non négligeable de représentations de scènes de tauromachie. En gros, l'homme voulait se prouver qu'il était plus fort que la bête et pour cela, quoi de mieux qu'en faire son esclave ?

 

Au même moment, on note la présence d'éleveurs nomades ou semi-nomades. Un semi-nomade, ce n'est pas un Rrom nain, c'est un type qui déménage plusieurs fois dans l'année et qui n'a pas peur de vivre sous une tente pendant des mois (par exemple, il cultive un champ, le récolte, puis se barre dans un coin plus vert avec son troupeau  de chèvres à la saison suivante). On a parfois voulu associer nomadisme et élevage mais il semblerait que l'élevage soit apparu en même temps chez les sédentaires.

 

Arrêtons-nous sur les raisons du retour au nomadisme. Il n'est pas nécessaire de faire migrer les troupeaux, du moins pas sur des centaines de kilomètres. La population humaine était trop faible pour obliger une partie à aller vivre dans la steppe ou le désert. Aucune catastrophe naturelle n'a laissé de trace pour nous laisser penser que les hommes aient pu être contraints à fuir leurs villages. Jacques Cauvin propose une analogie : demandez à un Rrom s'il veut bien échanger sa caravane contre une maison, il vous répondra qu'il préfère garder sa liberté. On peut donc imaginer que certains hommes aient délibérément choisi un mode de vie plus difficile en échange d'une liberté de mouvement parfois perdue depuis quelques générations seulement.

 

La diffusion des techniques néolithiques (agriculture, élevage, poterie...) vers l'ouest s'est faite à une très grande vitesse (à l'est, on ne sait pas trop s'il y a eu diffusion ou invention concomitante). Or, on vient de dire que rien ne poussait les gens à se barrer de leur petite maison bien confortable. Bon alors mettez-vous dans le peau d'un type qui vient de se voir révéler une (des ?) nouvelle(s) divinité(s), révélation accompagnée de la découverte qu'il est possible de dompter la nature et de vivre carrément plus tranquillement et sûrement que ses voisins. C'est la classe, non ? N'avez-vous pas envie de le montrer aux autres ? N'avez-vous pas envie de dire au monde entier "Faites comme moi !!!" ? Bon, prenons un autre exemple alors. Une bande de romains découvre Jésus et son dieu. Ils sont vachement impressionnés par le discours de solidarité et de bonté. Ils se disent que le monde serait meilleur si tout le monde pouvait profiter de ce qu'ils ont appris. Paf, ils prennent leur canne et leurs sandales et vont parcourir l'empire pour prêcher. 500 ans plus tard, les Arabes feront la même chose.

 

Imaginez un peu la tête des européens lorsqu'ils ont vu arriver des types précédés de bêtes inconnues et serviles. Ces étranges apportaient avec eux des aliments nouveaux qu'on pouvait dupliquer en les mettant dans la terre ainsi que des objets dans une matière inconnue, légers et superbement décorés. Pour sûr que ces nouveaux arrivants ont du être accueillis comme des demi-dieux ! C'est à peu près à la même époque que la famille linguistique indo-européenne s'est répandue. Je me suis longtemps demandé comment une bande de ploucs qui n'ont laissé qu'une faible trace génétique (une dizaine de pourcent, si mes souvenirs sont exacts) avaient pu imposer leur langue et leurs valeurs à presque tout un continent. L'explication de la supériorité militaire me semblait assez légère. Il est

probable, en fait, que les porteurs des innovations néolithiques ne soient pas des levantins mais les proto-indo-européens, qui auraient appris auprès de ceux-là.

 

Tout cela se passait du temps où les grecs étaient encore une bande de barbares en slip, les sumériens n'avaient pas encore inventé l'écriture, la plupart des tribus et villages n'avaient pas de chef et encore moins de roi. Cela semble lointain mais à l'échelle de l'humanité c'était hier.

 

Voilà qui devrait conclure ma série de billets sur le néolithique. J'espère ne pas avoir déformé les propos de l'auteur qui m'a tout appris, et j'espère aussi ne pas avoir saoulé mes lecteurs. Promis, je vais me remettre au sarcasme bientôt !

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