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Vous êtes-vous déjà baigné dans le Rhône? Moi, non. Je trouve ça trop dégoûtant.

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Histoire de… insérer ici la lettre de votre choix

Si vous avez une petite heure devant vous, plutôt que lire mon résumé sûrement approximatif et probablement bourré d'erreurs, écoutez donc l'excellente émission suivante : http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-l-eglise-et-la-sexualite-2013-01-19.

 

Pour les autres, ça parle de l'histoire de l'Église chrétienne, du mariage et de la sexualité. Voici ce qu'on y apprend, en gros.

 

Lorsque la religion chrétienne fait son apparition, les mentalités païennes sont indépendamment en pleine évolution (notamment le stoïcisme). L'une des nouvelles idées qui se répandent à ce moment-là est que l'amour (et le sexe) troublent le jugement du sage, et donc que les sages devraient rester chastes et célibataires. Paul suit cette façon de voir les choses et conseille aux gens de rester dans le célibat si possible (c'est à dire, quand on n'a pas/plus besoin de procréer). Il généralise en opposant l'esprit, qui est pur, et la chair sur laquelle le diable a un pouvoir. Par chair, il entend le monde physique dans sa globalité, en opposition au monde spirituel.

 

Arrive alors Augustin qui se convertit au christianisme après avoir passé sa jeunesse à emboîter tout ce qui bouge et qui se sent tout poisseux quand il y repense. Très focalisé sur son problème, il en vient à inventer la doctrine du pêcher originel qui se transmet des parents aux enfants, justifiant ainsi son idée que la sexualité le vecteur du pécher par excellence. Cela poussera ses successeurs à détourner les mots de Paul pour lui faire dire c'est le sexe qui diabolique, d'où la luxure en troisième position des pêchers capitaux.

 

Dès le 8ème siècle, l'Église impose donc un certain nombre de contraintes sur la sexualité, y compris à l'intérieur du mariage. Ce dernier pose d'ailleurs des problèmes à l'Église qui a du mal reconnaître une convention sociale autorisant les gens à s'éloigner de la spiritualité pour se consacrer à la chair, mais qui reste cependant nécessaire si on veut perpétuer l'espèce. Ce n'est qu'au 12ème siècle que l'Église va finalement s'approprier le mariage et le sacraliser, en réussissant à se justifier de la sorte : puisque la sexualité est démoniaque, il faut que Dieu bénisse l'union d'un couple pour leur permettre de continuer à se comporter en bons chrétiens malgré la souillure de la chair. Pour protéger les chrétiens, on leur interdit donc de toucher à leur femme dans certaines positions, durant ses règles, pendant qu'elle est enceinte, le dimanche, les jours de fête, en carême, durant les 20 jours avant noël, etc

 

Une fois le mariage sous son contrôle, l'Église va faire encore un peu plus de ménage en ajoutant des contraintes pour briser son usage trop politique dans l'aristocratie. On interdit donc les mariages à l'intérieur de la famille, ce qui permet de limiter la concentration du pouvoir et des richesses, mais on l'explique officiellement par une volonté de partager l'amour chrétien (le sentiment, bien entendu pas le sexe) avec le plus grand nombre de personnes. Ces règles seront vite détournées pour remplacer la répudiation par des annulations de mariage obtenues en s'inventant des liens de parenté. Quoi qu'il en soit, petit à petit, l'idée que l'amour avait sa place dans le mariage commence à se répandre durant le 13ème siècle !

 

De manière naturelle, puisque l'Église autorise le recours à la chair (beurk) pour la nécessaire procréation, il en découle que cette dernière est extrêmement importante, d'où une condamnation d'autant plus forte des sensualités infertiles qui sont du gâchis. Ainsi, une fois que la sexualité entre hommes et femmes a été maîtrisée et réglée (mariage public imposé, règles strictes de la sexualité dans le mariage), l'Église a commencé à chasser les homosexuels, qui à l'origine n'étaient pas plus inquiétés que les fornicateurs.

 

Bien entendu, devant toutes ces interdictions et frustrations, la jeunesse s'était tournée vers le viol et l'homosexualité pour brûler ses hormones, ce qui poussait l'Église à promulguer des condamnations de plus en plus sévères, et qui poussait les maires plus pragmatiques à encourager la prostitution…

 

De nos jours, l'Église s'accroche (probablement inconsciemment) à cet héritage païen qui oppose la spiritualité à la chair. Ainsi, sa conception demeure : procréation nécessite mariage et sexualité égal procréation. La sexualité récréative, même lorsqu'elle n'est pas considérée comme mauvaise (ce qui est déjà une grande évolution), n'entre pas dans le schéma chrétien de la vie de couple. Ainsi s'explique l'hostilité de l'Église chrétienne au mariage des personnes de même sexe : cela n'a aucun sens vis à vis de son modèle. Il serait facile de rappeler aux chrétiens que si le mariage civil a été copié sur leur mariage, leur mariage fut à l'origine une appropriation autoritaire du mariage populaire et laïque. Mais une telle façon de faire serait probablement aussi intolérante que la réaction qu'on leur reproche. L'ouverture du mariage civil aux personnes de même sexe ne remet pas en cause le mariage chrétien et les chrétiens restent libre de refuser la contraception et de s'abstenir d'avoir commerce avec leur conjoint les dimanches et jours de fêtes. De même que les mariages politiques pré-chrétiens n'ont jamais disparu, le mariage chrétien ne sera pas enterré par le mariage civil ouvert à tous.

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