Vous êtes-vous déjà baigné dans le Rhône? Moi, non. Je trouve ça trop dégoûtant.
- Mais ça ne rime pas !
- C'est normal, j'ai dit linguistique, pas poésie.
Suite à une question soulevée par Sebinou, commentateur assidu de ce blog, je me suis penché sur la question de l'existence d'un « s » euphonique, comme par exemple dans « Manges-en ».
J'ai eu le mauvais réflexe d'aller immédiatement vérifier sur Wikipedia. L'on y apprend que les phonèmes éphelcystiques sont des ajouts en fin de morphème pour des raisons euphoniques. Ça tombe bien, c'est tout à fait ce que je cherche ! Je suis très content d'avoir appris un nouveau mot compliqué pour me la péter sur mon blog, mais ensuite, je déchante… La partie concernant le « s » euphonique est entachée d'une étiquette "non neutre", amplement méritée au demeurant.
Pour capitaliser sur mon échec, je livre quelques informations sur les phonèmes éphelcystiques. Si certains sont exclusivement euphoniques (comme le « t » dans « a-t-il »), d'autres semblent relever de l'abus sophistication. Il n'est en effet pas plus simple, ni plus rapide, ni plus élégant de dire « existe-t-il » que « existe-il ». La phrase est allongée et le son [t] est doublé ce qui n'est pas simple à prononcer (les francophones on l'habitude de le prononcer, demandez donc à un étranger), ni efficace.
Concernant le « l », lorsqu'il précède « on », il s'agit d'un article défini vestigial. En effet, en ancien français, « on » ou « om », dérivé du latin homo, était défini !
La minute confiture est terminée, je vais pouvoir conclure en disant que le meilleur réflexe dans ce genre de situation est toujours d'aller vérifier sur le site de l'académie française. Il y est confirmé, à ma grande surprise, l'existence du « s » euphonique pour l'impératif des verbes du premier groupe devant les pronoms « y » et « en ». Il y est aussi judicieusement rappelé que l'on dit « donnez-m'en » et non pas « donnez-en-moi » (ou pis encore « donnez-moi-s-en »)…