Vous êtes-vous déjà baigné dans le Rhône? Moi, non. Je trouve ça trop dégoûtant.
Ce week-end j'ai assisté à quelques conférence au planétarium sur le thème de la gravitation.
Première conférence, biographie d'Isaac Newton.
Je savais qu'il avait fait pas mal de théologie mais je ne me doutais pas que c'était son activité principale. En fait, pour lui, tout le reste n'était que des outils pour avancer dans ses recherches théologiques. En effet, il faisait partie d'une secte anglicane (à laquelle appartenaient d'ailleurs la plupart des scientifiques anglais) qui considérait que Dieu avait "écrit deux livres" : les évangiles et la nature. Suite à une corruption (à savoir, le début de l'apocalypse), les hommes ont oublié comment interpréter ces "deux livres". Le but de tout bon scientifique était donc de retrouver ces savoirs en étudiant les évangiles et la nature.
Newton avait pour objectif de formaliser le décryptage des évangiles et il a sorti un certain nombre d'axiomes (ex : "un temps" = 1 an) sur lesquels il a démontré un certain nombre de théorèmes dont le plus fascinant est celui qui prévoit le retour du Christ sur terre exactement un an avant sa propre naissance. Il semblerait d'ailleurs que Newton ait très fortement soupçonné de s'être trompé d'un an dans ses calculs…
Le plus marrant, au final, c'est que son travail sur la gravitation est un "à côté" dont il se serait bien passé. En effet, le big boss des scientifiques anglais, qui détestait Newton, avait pour théorie que la trajectoire des planètes était dictée par une attraction inversement proportionnelle au carré de leur distance au soleil, plus quelques petites fioritures. Ne sachant pas comme le prouver, et pour coller Newton, il lui demanda ce qu'il en pensait. Newton pris quelques jours pour démontrer que c'était vrai, mais comme il s'en foutait autant que sa première paire de culottes, il rangea les papiers dans un tiroir. Lorsque, plusieurs années plus tard, un autre scientifique lui demanda son avis sur la question, il lui donna la solution, comme une évidence. Ledit scientifique annonça alors publiquement qu'il publierait à ses frais le prochain livre de Newton sur le sujet et Newton s'est donc retrouvé obligé d'écrire un livre (à la va-vite).
Newton a ensuite essayé d'unifier ses modèles de physique et d'optique mais n'y est jamais arrivé. Pour se consoler, il a fini sa vie comme homme politique plein aux as.
Seconde conférence : mais à quoi donc que ça ressemble un trou noir ?
Ben, à un trou tout noir, non ? Oui. Voilà. C'est tout. Sauf qu'autour, les choses ont une drôle de trombine !
Einstein a prédit que les corps de masse gigantesque déforment l'espace (et le temps) autour d'eux. Du coup, un trou noir, qui a une densité monstrueuse, ne peut pas occulter un objet qui se trouverait derrière lui : la lumière va le contourner. Cela donne un effet qui fait penser à celui obtenu lorsqu'on regarde à travers une boule de cristal.
Mais tout cela est d'autant plus drôle que lorsqu'on se rapproche d'un trou noir, il est difficile de rester sur place. Or, les vitesses impliquées provoquent aussi des déformations ahurissantes ! Par exemple, lorsqu'on roule vite en voiture et qu'il pleut, on a l'impression que la pluie tombe à l'horizontale en arrivant d'en face : et bien dans l'espace on la l'impression que les étoiles se trouvent en face. Plus on accélère et plus le décor se concentre devant nos yeux, laissant la périphérie quelque peu clairsemée : l'exact contraire de ce qu'on voit dans les films de science fiction. L'effet est d'ailleurs d'autant plus étrange qu'on a l'impression de reculer… À cela, ajoutez l'effet Doppler qui rend les couleurs plus bleues devant et plus rouges sur la périphérie, ainsi qu'une sorte de "surexposition" qui rend les couleurs plus lumineuses (puisqu'on avance à la rencontre de la lumière, on se la prend en pleine poire). Au final, si on accélère jusqu'à la vitesse de la lumière on va avoir l'impression que l'univers entier se rassemble petit à petit devant nos yeux en une grosse boule lumineuse.
Avec tout cela, imaginez ce qui se passera si votre vaisseau spatial passe à côté d'un trou noir (à une vitesse approchant celle de la lumière, sinon vous risquez de tomber dedans) ! Je vous renvoie à la page du conférencier (Alain Riazuelo) pour des illustrations (un documentaire en streaming, une grosse mais courte vidéo sur l'effet "boule de cristal" et des PDF avec des images sur un peu tout ça). En tout cas, sur le dôme d'un planétarium, ça fout les jetons !
Pour en finir, nous avons vu à quoi ressemblerait le voyage à travers un trou de ver (objet hypothétique qui est un trou noir aspirant d'un côté et repoussant de l'autre, l'autre côté donnant sur un autre univers). Voici ce que j'en ai compris. Tout d'abord, si on peut voir à travers un trou de ver, c'est qu'on est face à un trou à double sens. Attention, c'est technique. On est dans l'univers A, face à un trou de ver qui nous attire vers un autre univers B. À travers ce trou, on voit des étoiles. Donc notre trou sert aussi de sortie. Puisqu'on ne peut pas attirer et repousser en même temps, notre trou est la sortie d'un trou d'un univers C ! Donc si on entre dans le trou qui nous montre C, on va arriver dans B… Une fois arrivés sur place si on regarde dans B, on va voir la lumière qui vient de notre univers. Mais si jamais on traverse B, on va se trouver dans un univers D (qui peut être C, ou pas) ! Un schéma devrait rendre ça moins compliqué. Je rappelle le principe de base : un trou de ver ne peut pas aspirer et souffler dans deux directions à la fois.
Troisième conférence, où l'on apprend que les physiciens ont du mal à se remettre en question (quelle surprise !)
La dernière conférence nous explique pourquoi on a introduit l'idée de "matière noire", une substance étrangement neutre mais qui a une masse quand-même. En fait, les équations de Newton et Einstein ne permettent pas d'expliquer le mouvement des nuages de gaz à la périphérie des galaxies. Théoriquement, plus on s'éloigne du centre, plus la vitesse de rotation diminue. Or, ce n'est pas le cas des nuages de gaz qui gardent souvent une vitesse à peu près constante.
Les physiciens, trop respectueux de leurs maîtres pour remettre en question leurs travaux, en ont conclu qu'il existait de la matière que nous étions incapables de voir. Cela pose plein de problèmes supplémentaires puisque cette matière noire explique très bien l'univers aujourd'hui mais pas celui d'hier (à moins que le bon Dieu ait mis juste la quantité de matière noire qu'il faut pour que seuls les humains vivent au moment où elle fait chier le monde) et puis certaines collisions de galaxies se contredisent sur le rôle joué par la matière noire et sur sa supposée neutralité.
Certains hérétiques ont proposé que, pour une accélération gravitationnelle très très faible (cent milliard de fois plus faible que sur terre), les équations de Newton puissent être fausses. Ils ont proposé une formule alternative qui décrit très bien les mouvements dans les galaxies. Cependant, pour les mouvements dans les amas de galaxies, le modèle part aux fraises. Mais bon, c'est un début !
Alors en attendant, les physiciens continuent à rechercher la matière noire qui n'interagit avec rien en essayant de détecter des collisions improbables avec la matière que l'on sait surveiller. Pour cela, il faut bien entendu complètement isoler le bouzin pour éviter que des radiations naturelles ne provoquent de fausses détections. Pas de bol pour eux, le plomb, qui est leur isolant préféré, reste radioactif longtemps après son extraction du sol. Du coup, ces pillards fondent des antiquités pour fabriquer leurs machines !
Allez-y, continuez à massacrer notre patrimoine pour tenter de vous rassurer quant à l'immuabilité de la pensée de vos idoles !