Un de nos compatriotes est en ce moment en procès aux États-Unis. Outre son comportement détestable et son envie ostensible (voire ostentatoire) de mourir en martyre, je me pose quelques questions...
On l'accuse d'avoir, par son silence, empêché d'empêcher les attentats du 11 septembre.
Alors, là, j'aimerais une explication. Comment savoir ce qui se serait passé si? Puisque ça ne s'est pas passé, on ne saura jamais avec certitude. Il est impossible de certifier une relation de cause à effet entre le silence de l'accusé et l'exécution des attentats. Or, un tribunal n'est-il pas sensé baser son jugement sur des preuves tangibles? J'ai le sentiment que tout cela s'apparente à un procès d'intentions.
Pis encore, l'accusé est passible de peine de mort et pour arriver à ce but, l'accusation a diffusé des enregistrements des dernières paroles de victimes. Touchant, troublant... morbide et macabre. C'est comme si, devant l'impossibilité d'aligner des preuves, l'accusation se contentait de mouiller le coin de l'oeil pour faire du change au sentiment aux jurés.
Alors c'est sûr que présenté comme ça : "Écoutez comme ces gens ont souffert : "arg, aïe, grrrrrr, mamaaaaaaan, non pitié, ahhhhh". C'est inhumain, n'est-ce pas? Rendez-vous compte que cet homme savait que ça allait se passer et n'a rien dit!", on se dit que le gars en question mérite la plus grande punition autorisée.
Mais d'un autre côté, s'il est allé aux États-Unis pour préparer des attentats, il ne va pas le chanter sur les toits! De plus, comme il était en prison au moment des faits, il ne peut être accusé que d'avoir participé à l'organisation des attentats. En gros, il n'a pas directement de sang sur les mains. La loi ne fait-elle aucune différence entre celui qui pense à tuer et celui qui tue?