Un très bon Arrêt sur Images cette semaine sur un sujet épineux: l'école.
Pour discuter autour d'un documentaire en trois parties en cours de diffusion sur France2, étaient invités le réalisateur dudit documentaire, deux professionnelles du flicage des enseignants et l'auteur de "La fabrique de crétins".
Le documentaire cherchait à faire passer un message: pour que les petits enfants, si mignons, soient heureux à l'école, il faut que le prof soit sympa et ne leur demande pas trop de travailler (thèse dite "pédagogue").
L'auteur du livre défendait le retour au bon vieux temps du prof qui s'occupe plus de transmettre son savoir que de cajoler les chérubins en manque d'attention.
Des insultes ont volé, preuve qu'il est difficile de parler de l'avenir des enfants sans se passionner.
J'en retire tout de même une chose, c'est que la tête de l'éducation nationale pousse vers le "pédagogisme" et a les moyens de pourrir la vie aux enseignants qui ne s'identifient pas à cette méthode.
Donner des lignes à suivre pour que tous les enfants aient droit à la même éducation, c'est une bonne chose. Il faut cependant se souvenir que chaque enseignant est un être humain différent qu'obliger un enseignant à utiliser des méthodes contraire à sa propre intuition, c'est sacrifier ses élèves.
Un extrait du documentaire nous montrait un instit' sympa qui organisait une "discussion philosophique avec ses élèves". Spectateurs heureux de voir de si jeunes enfants discuter philosophie comme des hommes et des femmes (enfin, les filles prenaient peu la parole, mais ça, personne ne l'a noté). Dans un autre extrait une méchante maîtresse (tellement méchante qu'elle ne crie pas, et les méchants sereins, ce sont les pires!) faisait pleurer un pauvre petit gamin qui n'avait pas écouté et qui ne voulait pas l'avouer. Gros plan sur les larmes, pauvre pitchoune.
D'un autre côté les "résistants" --- il s'agit de leur propre terme, piteux --- rappellent qu'enfant signifie "celui qui ne parle pas" et qu'avant de s'occuper d'eux, il faut leur donner des connaissances. Ils réfléchiront plus tard, lorsqu'ils auront des connaissances sur lesquelles s'appuyer.
Voilà qui est bien envoyé, mais je sens cependant dans leur discours une certaine nostalgie du bon vieux temps, un sentiment dangereux. D'autant plus dangereux que le débat est passionné, et donc les protagonistes sont peu enclins à se remettre en question.
Le débat entre ceux qui veulent d'une école qui rend les enfants heureux et ceux qui veulent d'une école rend les enfants instruits va encore être long.
Notons que les livres d'apprentissage de la lecture se vendent bien, preuve que certains parents s'inquiètent des piètres performances de leurs enfants et essaient d'y remédier.
Où va-t-on, ce sont les parents qui apprennent à lire aux enfants et les enseignants qui leur apprennent la politesse!
Pour finir, je noterai que personne n'a remis en question le comportement des enfants devant les caméras, comme si le regard de l'observateur ne modifiait pas le phénomène observé. Bref, même si le documentaire qui a servi de point de départ à l'émission avait été moins subjectif, sa valeur aurait été nulle quand-même...